13 mai 2026

De la nécessité de documenter son travail

De la nécessité de documenter son travail.

Je me rends compte que j’ai presque vingt ans de présence sur la scène artistique guadeloupéenne.
2007–2027, si l’on compte réellement les années.
Il y a eu une décennie de pause apparente, de silence créatif visible, durant laquelle mon métier d’enseignante a exigé toute mon énergie et mon attention, sur un poste à responsabilité. Mais le silence n’est pas l’absence. Quelque chose continuait à se construire intérieurement.
Alors non, cela ne s’appelle plus être une artiste émergente.
Depuis 2022, je suis revenue pleinement à la création et à l’exposition. Et en regardant le chemin parcouru, je comprends qu’une œuvre s’est constituée au fil des années : une œuvre atypique, reconnaissable, traversée par des préoccupations constantes autour du corps, de la mémoire — personnelle, collective, historique —, du rituel, de la transformation et des traces laissées par nos existences.
Je comprends aussi que j’ai développé des concepts et des formes qui me sont propres.
Les Mofwazajs, présents autant dans ma vie civile que dans mes apparitions performatives.
Les Interférences, forme d’acte performatif silencieux où le performeur n’agit pas de manière perturbatrice, mais devient perturbation par sa seule présence. Une présence décalée, incongrue, silencieuse, qui modifie la perception de l’espace et du réel sans interrompre le cours des choses.
Je pense notamment à :
And Despite That I’m Still Single — conférence du CEREAP, Gosier, 2010 ;
La Fiancée de la Mort  et Dark Queen — Carnaval de Marie-Galante, 2022.
Il y a aussi mes zombis urbains, en peinture et dans un travail sur grille et grillage, figures de circulation, d’enfermement et d’errance contemporaine.
Mes croix, explorées comme témoins de nos dysfonctionnements sociétaux, de nos fractures et de nos contradictions collectives.
Mes tòchs, où l’objet usuel, dérisoire, quotidien, devient objet esthétique et objet transitionnel.
Et puis les poupées d’artiste, sur lesquelles je travaille encore aujourd’hui, liées de manière profonde au corps, au rituel, à la mémoire collective, aux transmissions visibles et invisibles.
Je ne crée pas ex nihilo.
Je crée grâce — ou à cause — d’une forte nécessité intérieure.
Aujourd’hui, je ressens donc un besoin urgent d’acter tout cela.
Archiver, identifier, nommer, documenter, protéger aussi ,non pas pour figer l’œuvre, mais pour lui permettre d’aller plus loin.
Documenter son travail, ce n’est pas seulement conserver des traces. C’est reconnaître la cohérence d’un parcours. C’est accepter que ce qui a été produit possède une existence réelle et une portée.
C’est aussi une manière de reprendre autorité sur sa propre parole artistique.
Sav sa ou ja fè pou vansé pli douvan.
Je suis Nikki Elisé.
Et j’embrasse aujourd’hui, avec humilité, l’œuvre que je suis en train de construire, en espérant la mener encore plus loin.

11 mai 2026

Arte povera antillais ?







Arte Povera antillais? 



On m a dit que mon installation, " Ce qui ne reviendra pas ", présente en ce moment et jusqu'au 13 juin au Fonds d Art Contemporain à Saint Claude, évoquait de façon originale les oeuvres issues du mouvement italien, l'arte povera. 

L’Arte Povera, c'est à la base, ce mouvement italien des années 60-70 qui utilisait des matériaux “pauvres” : terre, bois, chiffon, végétaux, cire, corde, rouille, feu… Mais “pauvre” ne voulait pas dire misérable. Ça voulait dire : sortir de l’art spectaculaire, industriel, bourgeois, décoratif. Revenir à la matière vivante, au temps, à la transformation, à l’énergie brute des choses.
Mon travail convoque assurément la matière, le végétal, le minéral, mais en plus de tout cela, je revendique une culture, un territoire dans mes gestes qui reprennent des gestes ancestraux : tresser le tissu, amarrer les fagots et une dimension rituelle également par mes suspensions ...Nou la, nou souké an péyi lasa ...

Créer et se trouver

Le vivant ne respecte pas toujours la hiérarchie des beaux-arts.



En grosse réflexion sur mon travail des dernières années. Là où je pensais être dans des essais, des recherches déconnectées les unes des autres je trouve , au contraire , beaucoup de cohérence.
Ici mes affiches , technique mixte sur papier, avec d une part ma mythologie personnelle qui se construit, le chien jaune, les cauris ( sur d autres oeuvres) la case, les corps destructurés ou en déséquilibre, les feuillages... d 'autre part, le fait que ma peinture sur papier soit plus brute plus instinctive que ma peinture sur toile ...plus " efficace " et rapide aussi ...Et c'est tres bien comme cela ...

25 avr. 2026

Ce miroir qu'on te tend : saisis le !

Cette semaine, j'ai opportunément reçu de nombreux avis sur mon travail tant pour le côté peinture et plastique que pour l'axe performatif. Merci à tous. 

" Nikki...dans tes œuvres textiles sur grillage...les corps ne cèdent pas...ils semblent frémir dans la contrainte. Le grillage retient...mais laisse passer un souffle...une échappée... et ton fil s’y accroche...comme une persistance du vivant. Rien n’est tout à fait enfermé...rien n’est tout à fait libre...seulement cet instant fragile où le corps insiste...plus vivant que jamais... Bravo mon amie pour la justesse de ton travail...pour cette manière rare de ne rien trahir de ce qui t’habite." Lucien 

Et aussi: " Que retenir de ton travail ? Une pratique performative incarnée qui explore, à travers le corps et le rituel, les tensions entre mémoire, identité et histoire dans l’espace afro-caribéen, dans une logique d’irréversibilité et d’expérience directe." Alex
"Ne rien trahir de ce qui m'habite" je crois qu' effectivement,  c'est l'un de mes moteurs. J’ai pour le corps humain, cette divine enveloppe, un intérêt passionné.Le corps à l'épreuve,  le corps résistant,  le corps blessé,  malmené, corps et mémoire,  corps et territoire, je n'aurai sûrement pas assez de toute une vie de création pour tout explorer, tout confronter.
Comme je le disais à certains amis artistes, je reprendrai bientôt mes expérimentations et mon travail de création autour du grillage, le temps de finir mes préparatifs, et d'honorer les événements auxquels je participe en mai et juin prochain.Ce travail singulier alliant grillage métallique et tissu m'avait intéressé au plus au point en 2009 -2011. Je voudrais l' explorer encore plus profondément. 

12 avr. 2026

Go for it girl







Ce n’est plus une vie, même pas seulement artistique.

C’est un maelström, un tsunami qui m’emporte.

Ma grand-mère, mon incontournable, mon indispensable Mémé, disait :« Sa ki la pou w, dlo paka chayé y. »

Les opportunités se précisent. Elles sont plus pressantes aussi .J’ai la sensation d’avoir mûri, grandi dans ma pratique — d’entrer, enfin, dans la cour des grands.

Je travaille actuellement à une installation qui sera présentée le 7 mai au Fonds d’art contemporain de Saint-Claude :
« Ce qui ne reviendra pas »

Une création qui questionne ma vision de l’irréversible et de la mémoire.

Des matériaux organiques : des branchages en suspension- en tension.Un disque noir au sol, du sable, des photographies déchirées.

Ici, le geste ne se corrige pas: il tranche, il marque. Comme le temps, plus lent, qui agit sur le végétal, le transforme, le défait.

Rien ne revient.
Tout laisse trace.


 

1 févr. 2026

Les âges de la Femme

 Les âges de la Femme: part 3 .L'écriture. J'ai commencé le travail d'ecriture sur les pieds de la table. Dans un mood à la Ben. Très fort moment d'introspection. Qui suis- je en tant que femme, quelles blessures m'ont construites, quelles valeurs m'ont portée? Du point de vue technique ,cest aussi tres intéressant. Les mots deviennent medium et occupent un espace donné. 



 La question du sens ( orientation ) et du sens ( signifiant) est prégnante. Last not least, cette oeuvre est dans le droit fil d'une maxime antique que j'adore: " Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé " . Je continuerai donc avec d'autres supports ou mode d'expression ( performance ) à travailler ce thème.


17 avr. 2025

Atelier soleil levant

 


Posée à l entrée de l Atelier no make up, tranquille et vraie. J adore ce moment qui va devenir un de mes rituels .Le soleil levant est comme une caresse sur ma peau . J entends mon voisin qui ouvre ses volets.Il a de la chance ,je ne chante pas le matin . Hier soir c était Rum and coca cola de Belafonte ou Russians de Sting en boucle à passé  20h Misyé dwèt ka mandé y sa i fè bondyé ! Et puis les oiseaux font déjà un beau concert matinal .

J ai rajouté sur ma planche à peindre verticale une feuille à palabres pour noter  mes pensées idées etc pendant la création en cours de mon diptyque. L écriture est très présente dans ma vie . J y viendrai un jour de façon plus structurée. 

Ps Le caillou..Le gardien de l Atelier.  Offert par Matteo mon Junior. Il sera content de le retrouver dans deux semaines.

15 déc. 2024

Lavi apa on bòl toloman

 Mòn Latrèy Chimen Lavi Début Milieu Fin. 


Je reviens sur mon installation à Diaspora. 

Je me rends compte qu en fait une œuvre d art c est comme la construction d un parfum et la façon dont ses arômes se développent en plusieurs phases . Ce que l.on ressent, l'intention de l artiste, ce que l œuvre dit d elle même, ce que l oeuvre dit à l artiste, voire dit DE l artiste et là, fichtre qu elle est loquace. 

Je remercie les amis qui m ont fait les photos ci dessous, je crois qu ils ont perçu beaucoup de mon travail dont la violence cachée, dissimulée...Chimen Lavi wi, mè lavi apa on bòl toloman.La vie n est pas un long fleuve tranquille , mes fils emperlés le disent aussi. Parfois ta lumière brillera moins fort , parfois on sèmera des pétales de roses sous tes pas et à d autres ce seront des rêts pour te faire chuter . And never forget ,le chemin de La Treille mène au cimetière. That's life..#artisteguadeloupe #artistecontemporain #artistbelike #artist #artistes #installationart #installation










 

14 déc. 2024

Morne La Treille

 


"Fonder son territoire et le défendre, c’est fonder et défendre sa propre identité. Sans lui, il n’est pas de développement ni de conscience. "François Vigouroux. (Dans la peau de la maison)


" Nous naviguons dans nos territoires intérieurs, Terra Incognita." Nikki Elisé aka NeP


Mòn Latrèy Chimen Lavi Début Milieu Fin

(Installation)



Torches ( tòch ) ,matrones , fils rouges emperlés. Ficelles et perles 

Socles de bois peints 75cm ht x25 cm l (2 ) 75cm ht x90 cm Long x 25cm large .

Baguettes dorées. Pétales 


Dans notre univers d'afro-descendants et de descendants de personnes mises en esclavage, il semblerait que le futile, l’inutile, le décoratif, soit banni. Tout a un sens, tout objet, une utilité, tout est pensé et chaque acte est intentionnel. Pourtant notre Univers est beau et organisé. Et notre culture est solidement ancrée dans cette terre de Guadeloupe, avec les apports multi-culturels que l’on sait. 

En reprenant plastiquement les tòch de mon arrière-grand-mère, je revois cette vague photo en noir et blanc, peut-être était-ce juste une coiffe, un « maré tèt » qu’elle portait. Mais cela m'a inspiré cette création. 

La torche, tòch en créole est ce foulard ou chiffon entortillé et calé entre le crâne et la charge portée. Il assure un meilleur équilibre du fardeau sur la tête lors du déplacement. Les fardeaux virtuels que nous trimballons nous courbent et nous tassent physiquement. Le port de charge sur la tête, lui nous oblige à un équilibre et un certain maintien, une attitude hiératique. Nos aïeules avançaient confiantes et déterminées. 

Pourrait-on imaginer que dans notre monde si fragilisé, la tòch devienne un nouvel objet transitionnel au sens où l’entendait Winnicott ?  

Les matrones, héritage de ma mère, jouent le même rôle d’objet transitionnel. Elles recueillent nos confidences, nos joies, nos peines. Comme mes matrones, accrochées à leur socle, je suis ancrée dans ce territoire, je me nourris de ma culture et dans une interaction permanente, je la questionne, la préserve et lui donne vie. 

Tout cela s’organise dans un chemin de vie où temporalité et espaces s’entremêlent.

Le passé se conjugue au futur. Hier c’est aujourd'hui et c’est demain. Sa ki pou rété ké rété. Je reste en tant qu’artiste, persuadée que, comme dans notre jardin créole et notre pharmacopée, le remède est tout près de ce qui nous empoisonne. Nos solutions viendront de nous-mêmes.


C’est aussi l’expérience un brin schizophrénique que j’ai faite en revenant à Marie-Galante, terre de mon enfance. Tout est pareil et si différent à la fois, l’enfant d’hier éclaire les pas de l’adulte que je suis devenue. Pon di sou la kilti, mès é tradisyon annou pa pèd !

Morne La Treille, chimen Latrèy, des hauteurs du morne au cimetière de Grand-Bourg. 

Lignes de vie


J ai fait le choix, dès le début de ma carrière, de travailler au plus près des différents champs d investigation de l Art contemporain. Installation, performance, happening , dans mon expression picturale également. C' est une quête personnelle et une curiosité insatiable que de savoir ce que je peux exprimer dans ces différents domaines.
Je ne suis pas de ceux à qui la banane de Cattelan, "Comedian", fait pousser des cris de vierge effarouchée. Son choix ,son art ,sa life. Le cirque  des marchés d art également, probablement... Je ne pense pas non plus que cette œuvre annihile des siecles d histoire de l Art comme j ai pu le lire sur les réseaux ...L Art contemporain est ce qu il est, et une porte (encore) ouverte sur la Liberté. C est cette liberté qui m intéresse.

Installation " Mòn Latrèy Chimen Lavi Début Milieu Fin " Diaspora 2024



Pour en revenir à mon travail et à notre scène artistique locale, il nous faut encore  accompagner le public et lui permettre d appréhender au mieux  nos créations surtout celles relevant de l Art contemporain.  J ai discuté ce soir avec deux vieilles dames charmantes qui ont adoré mon installation. " Mòn Latrèy Chimen Lavi Debut Milieu Fin." Leur donner les clés de mon travail a été l objet de notre discussion, d ailleurs leurs réflexions ont enrichi aussi la mienne .
J étais de même, émue et ravie, d être interpellée peu apres dans la soirée, à l Art s en mêle par quelqu'un qui avait été marqué par mon installation à Diaspora. Woooooooow. Il l a trouvée très pertinente et m a posé des questions sur quelques éléments dont le sens lui echappait .Il a évoqué aussi des prolongements de ce travail, une réflexion que je m etais déjà faite : changer d echelle, voir plus grand. Échanges de coordonnées ,on se reverra sans doute pour une expo ou une collab. #artist #artistecontemporain #artistbelike #installation #artisteguadeloupe





29 sept. 2024

Back to reality darling

29 09 24 

Je peins actuellement sur papier. Du kraft blanc...Avantage beaucoup plus rapide que sur châssis toilé,mwen menm pa sav pa mandé mwen poukisa! Il faut dire que je n ai pas pour l instant de technique d encollage associée,  pas même  mes ficelles . Mais ça me plaît vraiment. 

J ai commencé récemment une nouvelle série: Dazibao Gwada.. Notre environnement est criblé de messages de signes entre lesquels nous naviguons...A approfondir.. Je vais sûrement faire le lien aussi avec les réseaux sociaux...où nous nous disons ouré inventons ...

Une vue de l'atelier et quelques œuvres : 







2 mai 2024

" Océan Centre "

 

Carte du plancher océanique 1968
Source Net 
 

2 Mai ..A l Atelier.

Je viens de lire un article scientifique du National Geographic à propos de la  dorsale medio atlantique. Outre la " révolution copernicienne," qu' a été la démonstration de l existence de la tectonique des plaques , la conclusion de cet article est que les océans dessinent ce qu'il est convenu d appeler de nouvelles frontières. Cruciales pour la survie de l Humanité. D ailleurs en regardant l animation numérique de la dislocation de la Pangée, le continent originel , je me suis dit que nous caribéens, de facto, nous  portons en nous un morceau d Afrique.

Océans, c est bien l objet de mon travail avec tout ce qu ils évoquent. Une localisation pour nos territoires, les "outre-mers ",une histoire , celle de la colonisation et de la traite négrière atlantique, des ressources et par dessus, tout  un rapport à l'Homme, dans toutes ses composantes ..."Et de la mer elle même il ne sera question mais de son règne au coeur de l Homme "dit Saint John Perse dans ses magnifiques poèmes du recueil "Amers"


Détail sans titre 1 
150 x 40 cm 
Mixed media on canvas 

Détail Sans titre 2 
150x40 cm 
Mixed media on canvas 

J ai terminé les 2 premières œuvres du polyptyque " Ocean centre" . J'entame les suivantes... A suivre . 

13 janv. 2024

Lilith

 Reprendre l écriture de ce blog ...Résolution ou vrai besoin..Time will tell...

14 Janvier 2024. J ai mon atelier, depuis juillet, non loin de mon appartement...Pratique.





Je peins actuellement, je travaille sur le mythe et personnage de Lilith. Le féminin monstrueux suivant les hommes. Bien sûr pas tous, disons une certaine représentation très patriarcale. Lilith coupable de réclamer une certaine égalité avec Adam le premier homme . 

Peu de performances depuis quelques mois..

La peinture prend toute la place ...

Dernière oeuvre :I am not ...Je ne suis pas celle que vous décrivez, ni vierge,ni putain, ni reine ,ni démon...Je n ai pas non plus  en tant que femme besoin de vos mots pour me définir.  






3 avr. 2023

Arrivée à Bequia

 Lundi 3 avril



Après avoir quitté la Guadeloupe samedi 1er avril vers 11h, nous y sommes, nous sommes arrivés à Bequia dans les Grenadines, dimanche soir à 22h32. C est au sud de l arc Caraïbes, un petit archipel très prisé des touristes et voileux St Vincent-Les Grenadines. Il paraît que c est aussi le rendez vous des baleines actuellement.On espère en apercevoir.
Après 3 mois de préparations de changements de doutes,nous avons donc embarqués comme prévu le 1er avril Joëlle et moi avec Captain Thomas et Iza . Un couple adorable. De vrais passionnés de la voile et de la mer.
Mon équipe de choc était à l accueil du départ à la capitainerie de la Marina du Bas du fort . Dont mon Matteo. Mon petit fils de 11 ans . Lui montrer que quand on croit en soi, les rêves se réalisent.
A tous , merci de vos encouragements joyeux.
Le challenge pour moi était les 36 heures de mer d affilée. Changement de dernière minute pour permettre à Maksaens de régler un problème administratif.
Challenge relevé. Bien sûr, j ai été malade. Mais au bout de deux jours ça va beaucoup mieux .Petite diète hydrique. Et je l espère quelques kilos en moins .Hahaha. Voir le positif en toutes choses .
 
Je ne suis pas très au fait des termes et techniques du monde de la  voile.A la différence de Joëlle.
J ai surtout connu la plaisance des bateaux à moteur.
Mais j écoute les explications de Thomas et les conversations de nos marins confirmés. Et je sais différencier les 3 voiles :le foc la trinquette et la grand- voile.

Esthétiquement, j aime bien les câbles au sol que Thomas nomme lignes de vie . Des guides sécuritaires: on s attache beaucoup sur un voilier. Chacun a d ailleurs son harnais numéroté. Histoire de ne pas finir à l eau sur une fausse manœuvre.
Sur un voilier ce que je ne connaissais pas  et qui est impressionnant c est la gîte.  Woooooooow... Après il y a la vie à bord, partager sans se gêner un espace commun . Se faire à un autre univers d autres habitudes.On est soi sur un bateau,peut être encore plus un voilier. L' Humain dans toute son humilité. No fake .
Je me disais ce matin que je n ai pas croisé mon reflet depuis samedi .Pas de miroir ici.
Pour en revenir à ma recherche artistique, nous avons pris la route au vent des îles de Guadeloupe à St Vincent, question d aller un peu plus vite. On est donc passé par l Atlantique. J ai pensé aux captifs des bateaux négriers. A leur inconfort (le mot est faible ) à leurs peurs. D être malade ces deux derniers jours, c était pour moi quelque part une communion avec eux .

Esthétiquement encore, j ai tenté de déterminer les repères sensoriels de l Univers d un voilier.
Sur le pont, c est la géométrie des bouts , des cordages . Il y en a partout de toutes épaisseurs. Moi qui aime les fils et les cordes, je suis servie. Un espace où chaque chose à sa place et son utilité. Un espace ordonné malgré cet entrelac de cordages .
Idem pour le carré et les cabines : parcours fléché surtout en navigation. S accrocher, baisser la tête pour ne pas se cogner ou se prendre quelque chose en pleine face .Une chorégraphie. Les bruits : repérer les vitesses du voilier, le bruit des vagues contre la coque, la pluie..Là on est au mouillage c est un doux clapotis..Les différentes manœuvres de Thomas pour régler les voiles avec les winchs.
Les odeurs : dans le carré les fruits suspendus à des hamacs ..Les odeurs marines à l extérieur.
Et puis tous les mouvements du bateaux auxquels mon corps doit réagir ou s' adapter. Dormir d un certain côté à cause du roulis. Ranger les choses.
Moi qui suis toujours en tongue à la maison, je suis pieds nus depuis samedi . Rires c est où on comprend bien que le gros sac de près de 30 kilos c est abusé !

En terme d animaux marins, pas vu grand chose encore: une chasse de malfinis et quelques poissons volants . Mais je suis peu sortie sur le pont. Pas vu non plus les côtes de La Dominique ou Ste Lucie nous sommes passés au large.Ce sera pour le retour.

Aujourd'hui Bequia à re-découvrir j y suis venue une fois en camp d ados, j avais 16 ans.
A suivre see you soon guys. 



19 mars 2023

Je suis un tombolo

Œuvre textile en cours

 Je continue mes créations après la performance du 10 mars au Musarth.
Là, je m'oriente vers une œuvre textile. Tout en restant dans mon questionnement artistique. Nous, et singulièrement moi femme afrodescendante, dans  mon environnement caribéen,observer, analyser,retranscrire comment se manifestent les interactions entre toutes ces cultures qui bouillonnent en moi . 

En fait, nous caribéens,nous sommes des tombolos. 

Comme cette petite bande de sable entre deux mers, ce cordon littoral, nous sommes submergés par l'une ou l autre influence ou nous devons supporter, parfois sublimer le choc des cultures en essayant vaillamment de tracer notre route et de promouvoir notre identité propre. Kalash Got it boy ! Tombolo 

La création textile en tous cas l envie de me servir de ce médium ne me surprend pas.C' est un retour au début de mon travail d'artiste et elle est concomitante à mes créations de costume pour mes performances. Et là aussi, je reviens à mes anciennes amours. Mes grillages avec tissu entrelacé que mes collègues artistes appelaient mes barbecues. Lol. Mes bwabwas bleus du parc d acclimatation. Mes bwabwas inspirés du carnaval pour une collaboration avec le styliste Denis Devaed sur un de ses défilés. Et puis mes installations sur ma dernière exposition en 2012 . L' Art textile s' impose aussi maintenant dans ma création parce que nous sommes ,et je suis, de plus en plus dans une démarche reclyart dans ma vie personnelle comme dans mon travail d'artiste. Donner une autre vie aux vêtements et objets. Ré utiliser les textiles. Bref let s go for it .

Ps : Check mon deuxième blog qui concerne ma résidence artistique en mer avec l Artocarpe à partir du mois d Avril 2023 . Dialogues en bleu Caraïbes. 

16 mars 2023

Créer

 Le " problème " avec la Création, c est que tu peux te sentir tellement libre que ça fait peur ...J expérimente ma liberté encore et encore .Pas seulement une liberté par rapport aux codes sociétaux  mais une liberté d utiliser les mediums qui me parlent , d utiliser mon corps , d utiliser l espace ...I do love this f... machintruc...





Ps: Les photos ont une signification :-)

15 mars 2023

Déborah de Robertis

 

Source image Opnminded

Je me suis attardée hier ( insomnies) sur le travail de Deborah de Robertis. Une approche percutante quand on voit comment le corps de la femme est instrumentalisée dans nos sociétés occidentales. Questionnement afférent : une femme nue interpelle dans un musée qui expose des nus. Woow .Ça me rappelle ma propre expérience récente au Carnaval ( toutes proportions gardées)  où un personnage costumé suscitait la curiosité parmi des gens costumés.

La question du cadre, de la norme et du regard se pose encore une fois .

L article d Opnminded ici .

Lié à cette réflexion le très intéressant article de Julie Perrin sur le nu féminin en mouvement, dans Cairn Info.


13 mars 2023

Désir Interference

Interférence n⁰3 au Musarth sur le thème du désir. Performance surprise sur la conférence de présentation de Dominique Berthet du 28eme numéro de la revue Recherches en esthétique  Thème le Désir en art.  Photos Philippe Hurgon .




  

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